Suivi évolutif
Accueil Remonter La scoliose idiopathique Evolution Première consultation Formes topographiques Suivi évolutif Traitement orthopédique Objectifs et indications Corset de Milwaukee Le Corset CTM Surveillance du traitement Traitement chirurgical

 

Avant l'âge de 10 ans

On se trouve dans la phase d'évolution lente. La détermination de la pente évolutive nécessite deux, voire trois consultations à six mois d'intervalle.

Si la pente évolutive n'est pas trop menaçante, on poursuivra :

  • le suivi clinique tous les 6 mois à un an,
  • le suivi radiologique par une téléradiographie de face debout tous les un à deux ans. 

Il faut prendre garde à ne pas multiplier inutilement les clichés. Il est inutile de répéter les clichés de profil car la mesure clinique des flêches sagittales est assez contributive et les clichés en position couchée n'apportent pas grand chose à la décision de traiter ou non.

 

 

Après 10 ans

 Il faut dépister attentivement le point P de démarrage de la poussée de croissance pubertaire :  
 
  • courbes de taille debout et assise
  • examen des caractères sexuels secondaires

Les bilans doivent être rapprochés :

  • un examen clinique tous les trois mois, si l'on a l'on suspecte une forme évolutive.
  • les radiographies ne seront répétées qu'à la lumière de l'examen clinique, de manière à éviter tout excès. 

Cette surveillance doit être maintenue tant que le doute sur l'évolutivité de la scoliose persiste. En pratique, les contrôles, au moins cliniques, sont systématiquement effectués jusqu'aux premières règles - Risser 1. S'il ne s'est rien passé d'inquiétant à cette date, la surveillance est généralement arrêtée.

A chaque consultation, toutes les radiographies antérieures doivent être apportées. La comparaison des images, confrontée aux données cliniques, a beaucoup plus de valeur que leur lecture séparée. 

 
Exemple de scoliose évolutive

A l'âge adulte

La fin de croissance est affirmée par le début de soudure du cartilage de croissance de la crête iliaque à sa partie postérieure (Risser 4). Avant ce stade, il faut se méfier des paliers de croissance parfois observés dans la courbe de taille.

Une radio est faite à l'arrêt du traitement et un an après. Il ne faut pas s'étonner d'une petite récidive de la scoliose qui, même dans les bons cas, ramène souvent aux valeurs de début de traitement. Dans les cas sévères, proches du stade chirurgical, ce suivi annuel peut être prolongé encore durant quelques années.

Un suivi à distance est ensuite recommandé, à raison d'un contrôle clinique et radiologique tous les cinq ans à partir de l'âge de 25 ans: téléradiographie debout de face et de profil.

  • Certaines scolioses ne resteront parfaitement stables et bien tolérées. Pour une scoliose de moins de 20°, il n'y a pas de risque significatif de douleur ou de dégradation par rapport à la population générale. 
  • D'autres scolioses pourront se dégrader lentement, au rythme de 0,5° à 1° par an en moyenne. 
  • Il est presque impossible d'établir un pronostic, surtout pour les scolioses de moins de 30°, et le profil évolutif à l'âge adulte n'est pas forcément linéaire. 
  • A certaines périodes de la vie, surtout après 45 ans, une détérioration asymétrique et relativement rapide des disques intervertébraux peut se produire, même chez des personnes n'ayant pas eu de scoliose à l'adolescence. Ce sont les scolioses dégénératives de l'adulte.
  • Il est donc utile, lorsque l'on voit arriver un patient douloureux présentant une scoliose, de disposer d'une série de radios anciennes, permettant de retracer l'évolution de sa scoliose. Les indications thérapeutiques pourront en être influencées.

 Les conseils pratiques donnés 
en fin de croissance

  • Ne plus trop penser à sa scoliose et mener une vie normale.

  • Sauf avis contraire du spécialiste se rapportant à des cas sévères, il n'y a pas lieu de restreindre ses projets professionnels. Inutile de trop parler de sa scoliose, surtout si elle est mineure...

  • Les grossesses ne présentent pas de danger pour la scoliose.

  • Tout le monde peut avoir mal au dos, il ne faut pas systématiquement incriminer la scoliose et se dire que l'on est "condamné à souffrir" !

  • Il est souhaitable de conserver une activité sportive régulière, permettant d'entretenir un bon haubannage musculaire et une bonne capacité cardio-respiratoire.

  • Respecter une alimentation équilibrée, riche en calcium (ne pas négliger les aliments lactés), éviter les excès de café et le tabagisme.

  • Penser au traitement hormonal substitutif à la ménopause qui est une période à risque pour le rachis : ostéoporose, accélération de l'arthrose et des détériorations discales.

  • Se faire suivre par une équipe de spécialistes connaissant bien la scoliose (cf. ci-contre) Refuser d'être radiographié à tout bout de champ pour la moindre lombalgie... Le plus souvent, ces radios sont inutiles et les doses de rayons X sont cumulatives tout au long de la vie !